
Fabrice Ducasse, président de l’association des entreprises des glaces, détaille le succès du segment.
Il évoque notamment l’évolution des formats individuels, et le lien direct qu’il perçoit entre la croissance des catégories et la richesse de l’assortiment.
Comment se porte le marché des glaces ?
En 2025, il a franchi un nouveau cap en atteignant un niveau record, avec près de 1,6 Mds€ de chiffre d’affaires. Dans un contexte économique pourtant contraint, la performance est d’autant plus remarquable que la croissance s’est opérée simultanément en valeur et en volume, portée par une hausse significative des unités vendues (+ 8,7 %). Au delà de l’effet positif de la météo, cette dynamique s’inscrit dans une tendance de fond solide : depuis plus de dix ans, la catégorie affiche une progression régulière comprise entre 2,5 et 3 % par an.
Quelles tendances de consommation se dessinent-elles ?
La glace demeure une catégorie largement plébiscitée, avec plus de 86 % des foyers acheteurs et une consommation toujours en hausse. Les usages évoluent néanmoins, marqués par une désaisonnalisation progressive, une montée en puissance des formats pratiques et nomades, ainsi qu’une dynamique forte sur certains segments comme les bâtonnets et les pots, y compris en dehors de la période estivale. Dans un environnement de consommation sous tension, le plaisir reste un moteur central : la glace s’impose comme un plaisir accessible, capable de résister efficacement aux arbitrages budgétaires.
Quelle place joue l’innovation sur le marché en 2025 2026 ?
L’innovation occupe une place centrale dans la dynamique du marché. Après une période plus mesurée, elle repart nettement à la hausse en 2025, avec des lancements moins nombreux mais plus performants, créateurs de valeur. Elle joue un rôle clé à plusieurs niveaux : elle permet de recruter de nouveaux consommateurs, de renouveler l’attractivité du rayon et d’accompagner l’émergence de nouveaux usages, notamment autour du snacking et des formats individuels. À ce titre, l’innovation constitue un levier essentiel pour maintenir l’élan et l’attractivité de la catégorie.
Comment les marques résistent-elles à l’inflation ?
Oui, sans aucun doute. La créativité des marques ne disparaît pas face aux contraintes économiques, elle se transforme et s’adapte. Dans un contexte d’arbitrage renforcé, les consommateurs continuent de s’accorder des moments de plaisir, mais de manière plus réfléchie. La glace répond parfaitement à cette recherche de plaisir accessible. Les marques ont ainsi ajusté leurs stratégies en proposant des innovations plus ciblées, en travaillant finement la valeur perçue et en optimisant leurs lancements. Résultat : l’innovation se révèle même plus efficace.
Peuvent-elles rivaliser face aux MDD ?
La relation entre marques nationales et marques de distributeur repose avant tout sur une logique de complémentarité. C’est précisément cette diversité de l’offre qui fait la force de la catégorie. La croissance du marché des glaces est étroitement liée à la richesse de l’assortiment : plus celui ci est développé, plus la performance du rayon progresse, avec des gains de chiffre d’affaires pouvant atteindre + 11 à + 19 %. Dans cet équilibre, les marques jouent un rôle moteur en apportant innovation, désirabilité et création de valeur, tandis que les MDD contribuent à l’accessibilité et participent, elles aussi, au renouvellement de l’offre.
Quelles sont les attentes des consommateurs ?
Les attentes des consommateurs sont aujourd’hui très claires : ils recherchent simultanément du plaisir, de la nouveauté et de la praticité. Cela se traduit par une appétence pour des produits gourmands et différenciants, des formats en phase avec les nouveaux usages, notamment le snacking et l’individuel, ainsi qu’une forte sensibilité aux tendances, en particulier celles relayées par les réseaux sociaux auprès des nouvelles générations. Plus largement, la glace demeure un marché d’offre : le consommateur attend du choix et c’est la capacité des industriels à se renouveler en permanence qui continue d’alimenter la croissance de la catégorie.
Par Cécile Buffard






















